Sécheresse, inondations, gel… Quand le dérèglement climatique met les routes à rude épreuve

Sécheresse, inondations, gel… Quand le dérèglement climatique met les routes à rude épreuve

Les épisodes successifs de sécheresse cet été ont aussi mis en lumière l’état dégradé des routes, dont certaines portions ont tendance à vite s’abîmer sous l’effet des fortes chaleurs, nécessitant d’importants coûts de réparation. Les acteurs du milieu réfléchissent à une meilleure adaptation du réseau aux aléas climatiques.

Tende, le 22 septembre 2021. Route internationale reliant Vintimille au tunnel du col de Tende.

L’épisode a fait grand bruit en juillet, alors que se déroulait la 15e étape du Tour de France. Dans une séquence vidéo beaucoup reprise sur les réseaux sociaux, on peut voir «Gros Léon», du nom de ce camion ouvreur en vadrouille sur les routes de la course, déverser 300 litres d’eau sur la chaussée brûlante, la descente de la côte de Saint-Romain-en-Gal (Rhône), peu avant le passage des coureurs. De quoi susciter la controverse, alors que l’heure est aux restrictions d’eau un peu partout dans le pays. La manœuvre n’est pas nouvelle : elle est utilisée depuis des décennies pour refroidir le revêtement en surchauffe et éviter que les ressuages – ces plaques noires de goudron fondu, collantes pour les roues donc dangereuses pour les coureurs – ne pullulent sur certaines portions.

Elle illustre l’un des effets néfastes provoqués par le dérèglement climatique sur l’ensemble du réseau routier. Lors de conditions météorologiques extrêmes, de nombreuses infrastructures routières sont susceptibles de se retrouver abîmées. Le réseau se dégrade-t-il de plus en plus à mesure que le dérèglement climatique s’accentue ? «C’est difficile à dire. Il faut moduler les choses par région climatique, mais pour conserver un niveau de service équivalent à celui d’aujourd’hui, on a besoin de plus d’interventions, d’entretiens, de maintenances qui sont en lien avec le changement climatique, c’est une certitude», constate Fabien Palhol, directeur de la recherche et de l’innovation et expert en adaptation des infrastructures de transport au changement climatique au sein du Cerema. Cet établissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique accompagne l’État et les collectivités territoriales sur les questions de politiques publiques d’aménagement et de transport.

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Pour éviter les grosses factures dans les décennies à venir, les acteurs du milieu tentent de développer de nouvelles solutions, notamment concernant ces routes départementales, via un observatoire des routes sinistrées par la sécheresse. Le Cerema œuvre ainsi en collaboration avec les départements de la région Centre-Val-de-Loire sur le sujet. Parmi les solutions listées : étanchéifier les accotements via par exemple un enduit de surface dans le but «d’éloigner en quelque sorte l’effet de la dessiccation sur la structure de la chaussée», explique Lamine Ighil Ameur. Les chercheurs ont mis cela en place sur des portions de route du Loir-et-Cher. «On observe que c’est stabilisé, pour le moment. Ça veut dire qu’on n’a pas de remontées de fissures, on n’a pas de déformations à cause de la sécheresse.»

D’autres alternatives ont trait à la stabilisation des sols. Il s’agit par exemple de remplacer une partie du sol argileux qui pose problème par des blocs de polystyrène expansé. «C’est une solution qui permet de renforcer en quelque sorte la structure de la chaussée pour qu’elle subisse moins les déformations», indique Lamine Ighil Ameur. Ce dernier évoque aussi des tests effectués avec de l’épandage de chaux, à la place du gravier, pour stabiliser le ressuage.

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Source : Sécheresse, inondations, gel… Quand le dérèglement climatique met les routes à rude épreuve – Libération

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