Le vrai danger des 80 km/h

Au mépris de toutes les protestations et remarques de bon sens, le gouvernement s’est entêté à maintenir cette si controversée mesure des 80 km/h.

Les effets ne se seront pas fait attendre : le portemonnaie des usagers de la route s’est subitement vidé, les amendes ayant doublé dès le premier mois de la mise en vigueur.

C’est probablement ce qui était recherché, et à ce niveau c’est un véritable succès…

Pour le reste, tous ceux qui ont eu à fulminer derrière des automobilistes terrorisés par ces fichus 80, et qui du coup circulent à 70 compteur (donc 60-65 réels) le savent : ils provoquent des convois d’autant plus massifs et dangereux que les poids lourds (qui, eux, ont un tachymètre précis) arrivent derrière avec 15 km/h de plus. Il ne faudra malheureusement pas attendre bien longtemps avant qu’un énervé n’aille au crash pour avoir tenté de doubler toute la file…

Les statistiques de la mortalité pour le mois de juillet, comme c’est bizarre, sont déjà sorties.

Elles sont bonnes. Avez-vous vu ou entendu les commentaires faussement modestes de notre superbe M. Barbe et de la non moins célèbre Mme Perrichon ? « C’est un bon début, mais il faut être prudent avant de conclure à l’efficacité du 80 et patati et patata… »

Une telle malhonnêteté intellectuelle est à vomir : quand les chiffres ont été bons depuis le début de l’année (-7.8 % en janvier, +5.9 % en février, mais -13.5 % en mars, -0.7 % en avril, -8.4 % en mai et -9.3 % en juin), on ne les a pas entendus ! Évidemment puisque c’était avant la mise en place des 80 !

Et on touche là le vrai danger de cette mesure grotesque : elle décrédibilise complètement le discours officiel et, partant, les institutions de notre République. Tout un chacun est effectivement à même de constater journellement la stupidité de la mesure, et la vanité du discours qui l’accompagne. C’est de ce fait ressenti comme une punition collective au prétexte de limiter les comportements dangereux de quelques-uns et ça disqualifie pour longtemps le discours du gouvernement.

D’autant plus qu’à aucun moment celui-ci n’a daigné impliquer nos élus dans sa démarche. Aussi il ne faudra pas longtemps pour que de nombreux citoyens soient de plus en plus séduits par les arguments populistes de partis qui ne demandent qu’à faire fructifier cette colère généralisée : on l’a vu avec les groupes « colère » en début d’année, comme avec auparavant les « nuits debout » ou les expressions du type « convergence des luttes ».

La vraie démocratie, celle qui permet à chacun de s’exprimer et de participer à la vie citoyenne, et pas seulement à faire tonner sa colère, est en danger.

Mesdames et Messieurs du gouvernement, vous prenez le risque énorme d’ouvrir une boite de Pandore dont le contenu vous sautera à la figure, et qui entrainera notre pays sur une pente dangereuse que vous serez les premiers à regretter.

Alors peut-être, mais trop tard assurément, vous connaitrez ce que recouvre vraiment le concept de responsabilité.

Pour la FFMC 88,
Jean-Luc DUBOIS, Coordinateur.